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LA CORRIDA 2ème Partie





XIXe s


Le picador et les jeux qui suivent sa prestation perdant de leur importance, la mise à mort devenant le moment fort de la corrida, Francisco Montes « Paquiro » impose dans les années 1830-1840, l'organisation de tous les intervenants en une équipe chargée d'aider le matador à tuer le taureau. Désormais, picadors et banderilleros ne sont plus que les subalternes du matador ; leur but est de permettre la mise à mort du taureau avec le maximum de chances de réussite possible.
Tout au long de cette période, les courses de taureaux telles qu'elles se pratiquaient en Espagne, s'implantent dans ses colonies d'Amérique. La première course de taureaux à Mexico avec des taureaux importés d'Espagne. De nos jours, elle se pratique au Mexique, au Pérou, en Colombie, au Venezuela, en Équateur et en Bolivie.
Des courses de taureaux se pratiquaient également en France, en Aquitaine, ainsi qu'en Provence et en Languedoc aux alentours de la Camargue.
Après avoir conquis toute l'Andalousie, puis toute l'Espagne et ses colonies américaines, la corrida moderne franchit les Pyrénées : la première corrida française se déroule à Saint-Esprit, commune depuis rattachée à Bayonne. En fait, des courses de taureaux, telles qu'elles se pratiquaient en Espagne, avaient déjà eu lieu en France, notamment à Arles et Bayonne dès le début du XIXe siècle. Mais, d'une part, il s'agissait de courses telles qu'elles se pratiquaient avant « Paquiro », d'autre part, ces courses « espagnoles » furent sans lendemains.
À partir de 1853, la tauromachie espagnole s'installe durablement en France : dès 1854, des corridas sont organisées à Nîmes et Arles. Cette installation en France ne se fait pas sans mal, car elle soulève nombre d'oppositions. La Cour de cassation juge au début du XXe siècle que la loi Grammont s'applique aux corridas ; celles-ci sont donc prohibées. Malgré la prohibition, nombre de corridas sont organisées dans les villes du Midi, les sanctions étant symboliques.


XXe s


Les années 1910 à 1920 sont souvent appelées l'«Âge d'Or », marquées par des personnalités comme Rafael González Madrid « Machaquito » ou Ricardo Torres Reina « Bombita », mais surtout par la rivalité entre José Gomez Ortega « Joselito » et Juan Belmonte. Ce dernier « invente » le temple, faculté d'accorder le déplacement du leurre et la charge du taureau. Il « invente » aussi l'immobilité : jusqu'alors, le torero reculait lors de la charge du taureau ; désormais il reste en place et dévie la charge.
En 1928, sous la dictature de Primo de Rivera, le caparaçon inventé par le Français Jaques Heyral afin de protéger les chevaux, devient obligatoire : désormais, la rosse sur laquelle était monté le picador ne sera plus étripée en piste. Il sera désormais difficile de mesurer la bravoure d'un taureau en nombre de chevaux tués !
Dans les années 1920 et 1930, sous l'impulsion d'un capitaine de cavalerie, Antonio Cañero, la tauromachie à cheval « revient au galop ». Cañero, reprend les principales techniques des cavaliers portugais, mais restaure la mise à mort qu'il pratique à l'aide d'un rejón, littéralement « harpon », en réalité plus proche d'un javelot.
En avril 1931, la République est proclamée. Il est souvent affirmé à tort que la République espagnole a interdit la corrida : pour fêter la proclamation de la République, le maire socialiste de Madrid organise une corrida ; elle est présidée par Niceto Alcalá Zamora, futur président de la République. La tauromachie se socialise. Toutes les organisations professionnelles ou presque multiplient les novilladas sans picador et beaucoup de courses se font au profit d'œuvres sociales. Et 1935 est une importante saison de tauromachie grâce notamment à Marcial Lalanda, Victoriano de La Serna, Manolo Bienvenida, Domingo Ortega, « Cagancho ».
Le 18 juillet 1936, commence la guerre civile. Comme leurs compatriotes, les toreros se divisent, parfois selon la géographie, parfois selon leurs opinions. Dans les zones encore contrôlées par la République on fait le paseo en chantant L'Internationale, dans les autres en chantant Cara al sol. D'autres suivent le vent : le 29 août 1936, Domingo Ortega torée à Valence pour les milices populaires et « brinde » un taureau au comité exécutif de la République ; le 24 mai 1939, il participera à Madrid à la « corrida de la victoire » organisée pour fêter la victoire de Franco.
Après la Guerre d'Espagne, apparaît la figure de Manuel Rodríguez Sánchez « Manolete » qui devant les petits et maigres taureaux de l'époque révolutionne à nouveau le toreo par sa verticalité et son immobilisme. Sa mort à Linares en 1947 sera une véritable tragédie nationale.
En France, par la loi du 24 avril 1951, la loi Grammont est amendée. Désormais, elle « n'est pas applicable aux course de taureaux lorsqu'une tradition ininterrompue peut être invoquée. ». En vertu de ces nouvelles règles, des corridas sont aujourd'hui organisées en toute légalité dans plus d'une soixantaine de villes, situées dans onze départements.
Dans les années 1960, l'ouragan Manuel Benítez « El Cordobés », fils d'un ouvrier républicain tué pendant la guerre civile, s'impose dans une Espagne qui s'ouvre au tourisme. À côté de « El Cordobés », apparaissent notamment Diego Puerta, Santiago Martín « El Viti » et Paco Camino.
Au début des années 1970, on voit apparaître les premiers matadors français ayant réussi, sinon à devenir des figuras, du moins à acquérir une certaine notoriété en France : Bernard Dombs « Simon Casas », Alain Montcouquiol « Nimeño I», Robert Pilés. Au milieu des années 1970, débute Christian Montcouquiol « Nimeño II », qui sera le premier, non seulement à devenir une figura dans son pays natal, mais aussi à participer régulièrement à des corridas en Espagne.
A la mort du général Francisco Franco. L'Espagne devient une monarchie constitutionnelle, la démocratie revient. Certains entrevoient la fin de la corrida, « spectacle franquiste » qui ne saurait survivre longtemps à Franco : dans les années 1960, il y avait 400 corridas par an au maximum ; depuis le début des années 2000, leur nombre évolue autour de 1 600 par an.
Les principales figuras de la fin du XXe siècle sont José Maria Dols Abellán « Manzanares », Pedro Gutiérrez Moya « El Niño de la Capea », Dámaso González, Francisco Rivera « Paquirri », Antonio Chenel « Antoñete » Paco Ojeda et Juan Antonio Ruiz Román « Espartaco », líder de l'escalafón chaque année de 1985 à 1991.


XXIe s


Au début du XXIe siècle, les principales sont Enrique Ponce et Julián López Escobar « El Juli ». Enfin, pour la première fois un français, Sébastien Castella, est en train d'acquérir le rang de figura, non seulement en France, mais également en Espagne.





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# Posté le samedi 26 mai 2007 14:00

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DEROULEMENT D'UNE CORRIDA






Le Sorteo


Le jour même de la corrida, à midi, a lieu le sorteo, répartition des taureaux entre les matadors par un tirage au sort. Le sorteo est fait en présence du président de la corrida et d'un représentant de chacun des trois matadors. Préalablement au sorteo, les représentants des matadors inspectent les taureaux, puis ils forment les lots en essayant de répartir les taureaux le plus équitablement possible en fonction de leurs facilités ou difficultés supposées. Les numéros des taureaux sont inscrits par paires sur de petits papiers (traditionnellement du papier à cigarettes) par le représentant du plus ancien des matadors ; les papiers sont ensuite roulés en boule par le représentant du matador le plus jeune, puis mis dans le chapeau du mayoral recouvert d'un journal. Chacun tire alors une boule par ordre d'ancienneté, le représentant du matador le plus ancien en premier.
Une fois déterminé le lot de chaque matador, c'est celui-ci qui décidera de l'ordre de sortie des deux taureaux qui lui ont été attribués.
Jusque vers la fin du XIXe siècle, il n'y avait pas de sorteo : l'ordre de sortie était déterminé par l'éleveur lui-même. Les éleveurs avaient pris l'habitude de faire sortir en cinquième position celui des taureaux dont ils pensaient qu'il serait le meilleur, d'où le dicton « No hay quinto malo ». (« Il n'y a pas de mauvais cinquième ».) Luis Mazzantini et Antonio Reverte imposeront ce tirage au sort : ils accusaient les éleveurs de favoriser « Guerrita ».



L'Apartado


Une fois le tirage au sort effectué, a lieu l'apartado : les taureaux sont séparés les uns des autres et placés un à un dans les chiqueros, cellules obscures d'environ trois mètres sur deux, dans lesquelles ils attendent l'heure de la corrida afin de pouvoir être lâchés dans l'arène au moment voulu.



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# Posté le dimanche 27 mai 2007 10:05

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DEROULEMENT D'UNE CORRIDA






A las cinco de la tarde


« En Espagne, la seule chose qui commence à l'heure, c'est la corrida ».


Le Paseo


La corrida commence par un défilé de tous les participants : le paseo (ou paseíllo). À l'heure prévue, le président présente un mouchoir blanc ; aux accents d'un paso doble le cortège s'ébranle, précédé par les alguaziles (ou alguacilillos). Viennent au premier rang les trois matadors, classés par ordre d'ancienneté : à gauche (dans le sens de la marche) le plus ancien, à droite le deuxième d'ancienneté, au milieu le moins ancien. Si un torero se présente pour la première fois dans la « plaza », il avance tête nue, sinon il est coiffé du chapeau traditionnel la « montera ». Derrière suivent les peones, également classés par ancienneté, puis les picadors, eux aussi classés selon l'ancienneté.
Viennent ensuite les areneros ou monosabios, employés des arènes qui ont pour fonction de remettre en état la piste entre chaque taureau.
Vient enfin le train d'arrastre, attelage de mules chargé de traîner la dépouille du taureau hors de l'arène.



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# Posté le dimanche 27 mai 2007 10:13

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DEROULEMENT D'UNE CORRIDA







La LiDia



Puis vient l'heure du combat, en espagnol « lidia ».
Une corrida formelle comprend en principe la lidia de six taureaux. Pour chacun d'entre eux, la lidia se déroule selon protocole immuable. Ce protocole est décomposé en trois parties, appelées tercios.




Premier tercio : le tercio de pique


Sortie du taureau

Après la sortie du taureau, le matador, et ses peones effectuent des passes de capote, pièce de toile généralement de couleur lie de vin à l'extérieur et jaune à l'intérieur, qui sert de leurre. Ces premières passes de capote permettent au matador d'évaluer le comportement du taureau.
Pour aider leur matador à évaluer le comportement du taureau, les peones appellent celui-ci à tour de rôle et l'attirer vers les différents points de l'arène, l'incitant à aller au bout de sa charge. Puis le matador effectue lui-même quelques passes de capote afin de compléter son étude du taureau.
Il existe une multitude de passes de capote. La plus fréquente, la plus simple et généralement considérée comme la plus belle, est la Véronique (espagnol : veronica) dans laquelle le torero présente le capote tenu à deux mains, face au taureau, en faisant un geste similaire à celui que, selon l'imagerie traditionnelle, fit sainte Véronique en essuyant le visage du Christ en route pour le Calvaire. Il existe également la Demi-Véronique (espagnol : media-veronica) inventée par Juan Belmonte (qui prétendit un jour l'avoir créée « car j'avais la flemme de faire l'autre moitié »), la Chicuelina (inventée par « Chicuelo »), la Gaonera (inventée par Rodolfo Gaona), la Mariposa (« papillon »).

Entrée des picadors

Autrefois, le picador était le principal héros de la corrida, le plus attendu des toreros ; les toreros à pied n'étaient que ses aides. Ce n'est que dans la seconde moitié du XVIIIe siècle qu'il a commencé à perdre sa suprématie, pour devenir au milieu du XIXe un subalterne du matador.
Le rôle du picador est de tester la bravoure du taureau à l'aide de sa pique, lance en bois de hêtre de 2,60 mètres de long terminée par une pointe d'acier : la puya.
En principe, il est appliqué deux piques minimum (il n'y a pas de maximum), mais en cas de taureau faible, le président peut réduire ce nombre à une seule. Lorsque par chance, le taureau fait preuve d'une bravoure exceptionnelle, une pique supplémentaire est parfois donnée avec le regatón : le picador prend sa pique à l'envers, et « pique » avec l'extrémité du manche, le regatón, et non avec la puya.



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# Posté le dimanche 27 mai 2007 10:30
Modifié le dimanche 27 mai 2007 10:45

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DEROULEMENT D'UNE CORRIDA




La LiDia



Deuxième tercio : le tercio de banderilles


Le deuxième tercio consiste à poser les banderilles (espagnol : banderillas),
bâtons d'environ 80 cm de long,
terminés par un harpon et recouverts de papier de couleur.
Les banderilles sont généralement posées par les peones ,
mais certains matadors les posent eux-mêmes.
En principe, il est posé trois paires de banderilles.
Toutefois, le président de la course peut décider d'en réduire le nombre ;
le matador peut demander au président l'autorisation que soit posée une quatrième.




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# Posté le dimanche 27 mai 2007 10:44